À propos du stress

Le mot

Le mot stress a passé deux fois la Manche. Pour prendre une image : la première fois avec Guillaume le Conquérant et la deuxième au débarquement de Normandie en 1944. En effet, issue de l’ancien français « destresse », il est passé dans la langue anglaise pour devenir « stress » que nous avons réintégré ensuite. Le stress est donc, comme son sens l’indique, un état de détresse. Une brisure dans le cours ordinaire de la vie.

Une relation à l’environnement bio/psycho/social

Le stress est donc un phénomène psycho-physiologique et neuro-endocrinien, de l’organisme pour répondre à une situation exceptionnelle. Le stress nous relie de façon dynamique à notre environnement, au réel, c’est donc avant tout une relation qui mobilise nos connaissances et nos capacités d’adaptation et qui contribue globalement à notre survie.

D’abord, un stimulus extérieur, positif ou non, va être perçu par l’organisme et traité comme suffisamment mobilisateur pour déclencher une vague de réactions successives visant à provoquer un comportement adapté pour traiter rapidement la situation.

Ce phénomène est irrépressible, naturel et tout à fait normal. Il est le fruit d’une évolution longue. Car notre cerveau est en effet composé de strates, qui va d’un traitement simple, comme les automatismes et les réflexes, aux traitements les plus complexes, comme le raisonnement et les fonctions exécutives.

Notre cerveau est en effet constitué d’une structure endocrinienne imbriquée à des structure de traitement plus ou moins complexe, localisée le plus en profondeur (thalamus, hypophyse, hypothalamus hypocampe, amygdala) qui constitue la partie la plus ancienne qu’on nomme aussi le cerveau reptilien ou cerveau des émotions.

Vient ensuite une seconde structure corticale qui enveloppe cette première structure profonde, qu’on dénomme aussi cerveau mammalien. Ce dernier est particulièrement affecté au traitement des émotions, mais surtout de l’attachement et de la sociabilité. C’est le cerveau des relations sociales. Enfin vient le néocortex, plus particulièrement développé chez l’homme et qui est impliqué dans la résolution de problèmes, la décision, le raisonnement, le langage les fonctions exécutives, la créativité. C’est le cerveau des symboles et des représentations

Le stress est le phénomène, qui, face à une situation urgente mobilise les structures réflexes et affectives, tout en inhibant les structures liées au choix et qui impliquent un traitement plus long. Il s’agit en effet de réagir vite pour faire face. En général il s’agit de situations de menaces soudaines qui pèsent sur la personne ou bien un enjeu important à réaliser. C’est ce qui arrive à un comédien qui rentre en scène et qu’on nomme le trac. C’est aussi ce qui arrive quand on monte dans un wagon de montagnes russes ou dans un manège, ou quand on veut faire une déclaration d’amour à la personne qu’on désire…

En situation de stress, le système surrénalien va déclencher des décharges d’adrénaline pour mobiliser les réactions motrices, les muscles, pendant que l’organisme va inhiber le système parasympathique (SNA) qui gère les défenses immunitaires, la digestion, les fonctions sexuelles pour faciliter l’action.

Lorsque le phénomène se produit, l’organisme inhibe les circuits de la douleur (nociception) et déclenche une cascade de réactions, pour préparer l’organisme à l’action (fuite, combat, immobilisation, compensation…). Un certain nombre de marqueurs physiologiques rendent identifiable cet état :

  • augmentation du diamètre pupillaire
  • accélération du rythme cardiaque et de la respiration
  • renforcement du tonus musculaire
  • sueurs froides
  • maux de ventre
  • accélération des idées
  • restriction du champs de vision
  • Augmentation de la sensibilité attentionnelle
  • Augmentation de la charge mentale
  • Focalisation

Cette réaction peut provoquer un effet euphorisant car elle peut s’accompagner d’une décharge de dopamine, notamment s’il permet d’obtenir un bénéfice et de réaliser une action positive, d’où le plaisir que prennent les comédiens, les pilotes de formule 1, les alpinistes et les gens qui en général pratiquent un loisir à risque…

Elle s’accompagne également d’une décharge de cortisol, or le cortisol a deux effets, le premier, le bon, c’est d’alimenter les cellules en sucre pour nourrir l’effort.

Mais le cortisol s’élimine difficilement de l’organisme et il a un effet négatif, inflammatoire, sur le cerveau et les nerfs. Il dégrade les cellules et entrave la régénération cellulaire, via les cytokines. On le soupçonne même d’être un cancérigène. Il a un effet stimulant très fort, c’est pour cela que l’on se réveille le matin. En effet, sous le contrôle de la voie photique (un nerf qui passe sous notre cerveau qui dessert plusieurs sous-structures cérébrales profondes), et via la glande pinéale, tous les matins aux premières lueurs de l’aube ( entre 5 et 6 heures du matin…) l’organisme produit une décharge de cortisol qui va réveiller l’organisme et le préparer à la vie de veille.

Le bon et le mauvais stress

Le bon stress est celui qui vous sauve la vie et qui vous permet de réaliser des efforts importants pour actualiser des objectifs importants. Il est bref, exceptionnel. Le mauvais stress est le stress chronique, insidieux, qui soumet l’organisme à une pression constante jusqu’à le désorganiser, l’épuiser et le faire tomber en dépression. Pour mieux le comprendre on modélise le stress en 4 stades progressifs.

Les  4 temps du stress

  1. La phase d’alarme : la personne mobilise ses forces physiques et psychiques pour se défendre contre un ou plusieurs stimulus stresseur
  2. La phase de résistance : la personne s’adapte aux causes du stress, mobilise des ressources pour y faire face.
  3. La phase d’épuisement : l’énergie mobilisée pour résister à l’agent stresseur baisse à mesure que les effets durent et qu’ils sont puissants : la personne s’épuise, son état se dégrade.
  4. La phase de récupération – résilience : Lorsque la situation de stress cesse la personne récupère ses forces, trouve du réconfort auprès d’autres personnes, se réorganise pour mieux surmonter un nouvel épisode stressant, rétablit son fonctionnement normal.

Les complications liées au stress

Lorsque la phase d’épuisement persiste, dans le cadre d’un stress chronique et que cela dépasse la capacité de la personne à reconstituer ses forces physiques et ou psychiques, celle-ci va, outre les maladies organiques auxquelles elle peut se trouver exposée, contracter un trouble anxieux, voire tomber en dépression.

En réaction les personnes exposées à un stress constant vont surdévelopper certains mécanismes de défense qui vont évoluer en troubles comportementaux et devenir pathologique, tel que les somatisations (maladies de la peau, allergies, maux de dos, voire paralysie, cécité…), phobies, trouble obsessionnel compulsif (TOC), ou les addictions (jeux vidéo, réseaux sociaux, écrans, trouble du comportement alimentaire (TCA), toxicomanie, alcoolodépendance, tabagie, achats compulsifs…), troubles dissociatifs (dépersonnalisation), déni…

Enfin un épisode de stress très intense peut créer un choc psychologique et laisser des séquelles qui vont se constituer en fonctionnement pathologique comme le trouble de stress post-traumatique (PTSTD).

Stress : Les causes

Les causes du stress peuvent être nombreuses chez l’être humain, cette petite liste non exhaustive peut toutefois donner une idée.

  • Les situations inédites : les surprises, les rencontres, les nouvelles contraintes alimentaire, changement dans l’environnement (travaux, déménagement), modification des règles sociales, voyages, douleur physique.
  • La frustration : perte d’emploi, rupture sentimentale, perte de mobilité, deuil, échec dans la réalisation d’un objectif matériel ou social, troubles sexuels…
  • Le sur-travail ou la sur-activité : excès d’activité subie ou volontaire, augmentation de la charge mentale, sport intensif, les jeux, les voyages, les compétitions, prise de parole publique et métiers du contact publique.
  • Ambiguïté : manque de clarté dans les informations disponibles dans l’environnement, injonctions contradictoires.
  • Harcèlement : être victime d’un stéréotype social, dénigrement, insultes, faire l’objet d’avances déplacées, être menacé régulièrement par son employeur pour effectuer des tâches dégradantes, ou faire du surtravail, être agressé par un harceleur sexuel…
  • Les conflits : opposition hiérarchique dans le groupe (harcèlement professionnel…), agressivité sociale et culture de l’agressivité (« l’éducation noire » comme en Allemagne notamment, ségrégation raciale, ou sexuel), tensions familiales.
  • Les traumatismes : agressions, vol, accidents, catastrophe, viol, blessures, annonce de maladie grave…

L’Anxiété

stress et anxiété : les différences

L’anxiété et le stress sont deux choses distinctes qui s’auto-alimentent réciproquement.

Le stress comme nous l’avons vu précédemment est un phénomène complexe psychophysiologique qui soumet l’organisme et le psychisme à des réactions intenses et puissantes. Cela étant, il s’agit d’une situation particulière qui met en relation l’organisme avec des agents ou des situations extérieures. La menace ou la pression est ici objective, identifiable, claire et elle mobilise l’organisme dans l’ici et maintenant.

Dans le cas de l’anxiété au contraire la menace ou la pression n’est pas précise ou claire. Le phénomène est essentiellement psychologique et surtout il ne menace pas dans le présent, mais dans le futur, le sujet, de conséquences désastreuses. On pourrait dire qu’il s’agit d’un modèle mental ( le mot croyance ou représentation peut aussi être utilisé…) qui génère des raisonnements dont les issues sont négatives, mais également invérifiables et incertaines. Il s’agit d’une anticipation, qui génère des scénarios répétitifs, qui font l’objet de ruminations morbides.

Ces scénarios sont plus ou moins rationalisés, plus ou moins étayés par des faits, et en général on y voit se construire un déterminisme ou un fatalisme plus ou moins franc, qui a pour fonction finalement de déjouer l’incertitude qui est l’un des nœuds principaux de la problématique anxieuse. Il est vrai en effet, que notre cerveau, est totalement fait pour traiter des informations cohérentes qui ont du sens. Il ne supporte par l’incertitude. De fait on pourrait dire des personnes anxieuses qu’elles expriment ou qu’elles sont plus particulièrement sensibles à un besoin de structure et un besoin de cognition (ou de connaissance) fort. Les scénarios pessimistes qui caractérisent les personnes anxieuses sont en réalité des réactions défensives fortes pour parer d’une part à la carence informationnelle, au caractère contradictoire des informations disponibles, et qui ont vocation à se préparer stratégiquement à la survenue du pire. Ces scénarios permettent de réviser tout un registre d’actions ayant pour finalité de déjouer ce qui est craint comme probable, c’est le caractère bénéfique qu’on peut lui trouver. Elles ont en quelques sorte (pas toujours…) une fonction d’entrainement.

Suivant les cas, ce modèle mental est plus ou moins rigide, plus ou moins évolutif ou stable et plus ou moins durable. Cela dure en général plusieurs mois. 

En général il porte sur un nombre restreint de thématiques, mais il peut être généralisé, dans le cas d’un trouble anxio-dépressif. On parle d’idées noires dans ce cas là. 

Stress et anxiété : les liens et les relations

L’anxiété s’accompagne presque toujours d’un stress chronique plus ou moins intense et plus ou moins entrecoupé de répit plus ou moins durable. Mais le stress peut être à l’origine de l’anxiété. Une situation stressante qui se répète et qui ne débouche pas sur un bénéfice, mais plutôt sur un échec sont de nature à construire un scénario pessimiste et des raisonnements sombres, d’autant plus difficile à défaire qu’ils sont étayés sur l’expérience… On peut les considérer alors comme des psycho-traumatismes.

Cela étant, l’anxiété ne prend pas systématiquement source dans des évènements pénibles, cela peut être le fruit d’un travail inconscient, qui, dans certaines circonstances va faire émerger l’anxiété et la rendre manifeste…

Les conséquences de l’anxiété

L’anxiété s’accompagne le plus souvent d’un comportement d’évitement, de maux de ventre et de crispation musculaire, mais aussi de troubles de l’attention et des capacités intellectuelles, ou enfin d’insomnies. Des émotions de peurs, de colère et de tristesse sont plus souvent ressenties, ce qui peut troubler les relations sociale et affectives. L’anxiété dans certains cas peut aussi donner lieu à des réactions violentes d’auto-agression et d’hétéro-agression et conduire ceux qui en sont sujet à la prise de psychotropes et de toxiques dont l’alcool et le tabac sont les plus courant. Ces produits ont le tort d’aggraver la situation.

L’anxiété peut causer des troubles paniques qui donnent à lieu à la crainte d’une mort imminente, c’est un trouble très douloureux et très perturbant pour les personnes qui le vivent. 

L’anxiété peut donner lieu à des maladies somatiques : maux de dos, de têtes, courbatures, sciatiques, troubles intestinaux, etc. Elle engendre souvent des troubles sexuels, en particulier chez les sujets masculins. Elle est impliquée dans les maladies cardiaques et certains chercheurs la soupçonnent même d’être impliquée dans certains cancers…

Elle est massivement impliqué dans les phobies et les TOC et se trouve en jeu dans les troubles schizophréniques et paranoïaques. Elle peut être particulièrement handicapante et perturber gravement la vie amoureuse et professionnelle des personnes qui en sont atteinte.

Les facilitateurs

Certains produits favorisent l’anxiété :

  • Comme l’alcool et le tabac, mais aussi le sucre, la consommation excessive de viande et de viandes de rouge (viande de bœuf…) en particulier, les produits psycho-actifs ou stimulants comme la taurine, le café ou le thé…
  • Les carences alimentaires peuvent également être en causes : carences en fruits et légumes et certains produits laitiers comme les yaourts, ou le choux, ainsi que les carences en vitamine D et C peuvent jouer un rôle – en cas de doutes il est souhaitable de consulter son médecin afin d’effectuer des analyses et de faire un bilan de santé

 

Certains évènements et situations facilitent la survenu de l’anxiété :

  • Les concours et examens,
  • Le stress professionnel, le chômage, les entretiens professionnels,
  • Les tensions amoureuses et conjugales, les situation sexuelles,
  • Les difficultés financières,
  • Les choix, et situation de prise de décision, les postes à fortes responsabilités, les activités intellectuelles de haut niveau, les tâches de conception,
  • Les fêtes et les réunions de familles,
  • L’absence d’une pratique sportive ou physique régulière,
  • Les manifestations publiques ( par exemple : parler en public…),
  • Les foules, les transports en commun et la conduite automobile,
  • Le manque de sommeil, la vie urbaine,
  • La mort ou la disparition d’un proche, la perte d’un objet à forte valeur affective ou financière,
  • La désorientation spatiale ou identitaire, les environnements chaotiques…

C’est en général la répétition et l’accumulation de plusieurs évènements et situations anxiogènes qui est en cause dans les troubles anxieux.

Enfin certaines personnalités sont plus particulièrement vulnérables à l’anxiété : L’anxiété est susceptible de toucher tous le monde sans distinction de culture, d’âge, de sexe et de personnalité. Cependant s’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise personnalité et si chaque personnalité peut s’équilibrer, certaines sont plus particulièrement exposées à l’anxiété, c’est le cas notamment :

  • des personnalités narcissiques et état-limites ou borderline,
  • des personnalités à dynamique obsessionnelles ou évitantes,
  • ou encore des personnalités paranoïdes (personnalités sensitives)
  • ou des personnalité schizoïdes…

La dépression

Les différentes formes de la dépression

La dépression est un trouble de l’humeur. Le mot dépression du latin depressio veut dire effondrement de terrain. On la désignait autrefois par mélancolie puis neurasthénie. La notion elle-même est apparue dans les années 1950, avec la découverte par les laboratoires pharmaceutiques de médicaments ayant des effets sur l’humeur.

La dépression est un effondrement psychique voire physique de la personne. On considère qu’il y a deux types de dépression : les dépressions exogènes et les dépressions endogènes. C’est à dire d’un coté les dépressions réactionnelles ou psychogènes qui surviennent en réaction à un ou plusieurs évènements et les dépressions endogènes qui sont propres aux dispositions de la personne elle-même.

Dans le premier cas, il est convenu de considérer les dépressions réactionnelles relevant de problématiques dites névrotiques, bien qu’elles peuvent survenir sous d’autres formes chez des sujets ayant des personnalités dites psychotiques. En revanche les dépressions endogènes relèvent généralement de personnalités psychotiques, notamment à cause des déséquilibres fonctionnels cérébraux et hormonaux dont elles souffrent, même si les personnalités « névrotiques » peuvent être affectées elles aussi dans ces circonstances, à des degrés différents par ces mêmes phénomènes biologiques.

On désignait autrefois par mélancolie ( melancolia : « la bile noire ») les dépressions dites psychotiques. Elles relèvent de ce qu’on appelle la maniaco-dépression, aujourd’hui appelée bipolarité de type I et II. Il s’agit d’un trouble assez lourd qui ne peut pas être pris en charge en cabinet et qui suppose un suivi pluridisciplinaire en clinique et la prise de médicaments adaptés à base de lithium notamment, permettant de stabiliser le trouble.

En ce qui concerne l’intensité on distinguera la dépression légère dite aussi « simple » et la dépression majeur (depressio major ou « grande dépression »). La première est passagère (quelques semaines…) et ne comporte qu’un nombre restreint de symptôme peu intenses ( c’est le cas des dépressions dites saisonnières…). La seconde est durable (plusieurs mois, voire années…) et présente un grand nombre de symptômes d’intensité moyenne à forte.

Les signes de la dépression

On parle de dépression lorsqu’on constate ces symptômes de façon persistante et régulière sur une période d’au moins deux semaines consécutives :

  • Aboulie : perte de l’élan vitale, de l’envie de faire les choses en générale
  • Apraxie : impossibilité ou difficulté à réaliser les actions souhaité
  • Anhédonie : perte général de plaisir, incapacité à prendre du plaisir pour des activités habituellement appréciées et pratiquées
  • Tachypsychie : Défilement rapide des pensées, incapacités à pouvoir se fixer sur une pensée précise.
  • Difficultés intellectuelles : difficulté à mémoriser, à focaliser son attention sur un point, charge mentale plus élevé, difficulté à apprendre et à mener des activités demandants une attention plus grande. 
  • Ralentissement : ralentissement des gestes et de la parole (ralentissement psycho-moteur).
  • Fatigue et/ou agitation : La personne peine à vivre sa journée, se sent écrasée par la fatigue. Parfois cela alterne avec des phases d’agitations anxieuses, notamment quand il s’agit de rechercher un apaisement ou une solution…
  • Insomnie ou et hypersomnie : perte du sommeil totale ou partiel sur plusieurs semaines, ou au contraire somnolence continue, ce qu’on appelle fuir dans le sommeil.
  • Sentiment et sensation de froid : il est distinct de la température ambiante, intérieur, paralysante ou de chaleur excessive avec suées.
  • Perte ou gain de poids : au moins 5 kilos sur une période de quelques semaines…
  • Sentiment de tristesse : Il est permanent, affecte toutes les dimensions de la vie et ne se dissipe pas, quoi qu’on dise à la personne. Il peut se trouver accompagné de crise de larmes sans raisons. Ce sentiment s’accompagne également d’angoisses et parfois de colère.
  • Perte d’estime de soi : la personne se déni systématiquement toute valeur, se dénigre systématiquement avec excès et sans raisons légitimes…
  • Sentiment d’impuissance, d’indignité : il est profond, très douloureux, très dégradant. La personne se sent indigne de reconnaissance, privé de mérite, de valeur propre, de qualité…
  • Dépersonnalisation : sentiment de ne plus être soi-même, de perdre son identité, ses qualités personnelles et humaines.
  • Incurie : perte de soin pour soi, voire perte de l’hygiène personnelle.
  • Idées noires : pessimisme générale, qui ne change pas avec la discussion voire s’aggrave, scénario du pire, voire idée suicidaires.
  • Ruminations : répétitions de paroles aux thématiques et scénarios en général pessimiste, le plus souvent intérieur.

La réunion d’au moins 5 de ces symptômes (dont l’anhédonie et le sentiment de tristesse) sur 15 jours à trois semaines consécutives, constitue un indice fort d’un trouble anxio-dépressif.

Dépression : les causes

Les dépressions psychogènes peuvent avoir de nombreuses causes. On pense souvent que c’est à cause d’un seul évènement dont l’intensité émotionnelle et psychique a été trop forte. En réalité il est préférable d’envisager la dépression comme un processus : un évènement déclencheur survient sur un terrain déjà favorable à la dépression. Il n’y a pas en fait de cause unique, mais bien d’avantage un faisceau de causes, un réseau

Si certaines personnes pour des raisons différentes sont plus vulnérables que d’autres aux dépressions (notamment génétiques, mais aussi éducatives…), on peut néanmoins détacher un modèle assez constant de son développement : Les tensions sociales poussant à une complexification accrue des techniques et des fonctionnements sociaux, la société se trouve alors conduite à augmenter sans cesse ses exigences envers les individus qui la composent. Lorsque l’individu ne parvient plus à pouvoir les satisfaire ou y faire face, lorsque ses capacités psychiques sont dépassées, il craque et s’effondre.

Il y a toujours un écart dans une dépression, entre une demande sociale intériorisée et les ressources propres, disponibles, de l’individu, ce qu’on appelle en psychologie la dissonance cognitive.

Dans le prolongement de cette conception, on doit également reconnaître qu’il y a généralement dans une dépression une dimension conflictuelle, des positions contradictoires, inconciliables, qui vont exploser plus ou moins durablement la personnalité et l’identité de la personne, c’est à dire un conflit intérieur qui s’extériorise en se retournant contre la personne.

Un autre point important qui complète ce tableau, c’est la question de la capacité à reporter la frustration, à la refouler, ou à l’emmagasiner.

La dépression marque en effet ici la limite de l’inconscient à tolérer une accumulation de frustrations. Les problèmes se sont noués bien avant dans l’esprit de la personne, inconsciemment, si bien que la dépression est le moment où émerge ces problèmes. En un sens la dépression est libératoire. Enfin pour terminer quand au mécanisme psychique en jeu, il ne faut bien entendu pas écarter la violence sociale et affective, le contexte politique et culturel. L’isolement social et la précarité sont en effet en cause dans ce trouble, ce sont des facteurs majorant et même parfois déclenchant.

De même il ne faut pas écarter des mécanismes biologiques imbriqués dans la survenue de ce trouble. Le déséquilibre dans la production du cortisol est un point important comme nous l’avons esquissé précédemment.

Le manque de lumière joue rôle un important, notamment sur la production de mélatonine à laquelle est lié la sérotonine. Or on attribut l’effondrement de l’humeur à une carence en sérotonine qui est le neurotransmetteur que l’on associe au sentiment de bonheur et que l’on se met à produire en particulier en compagnie des personnes qu’on aime bien ou d’échanges sociaux agréables.

Des carences alimentaires, un manque d’activité physique, une dégradation de l’hygiène de vie, la prise de toxiques, un manque de repos peuvent également être impliqués dans ce trouble.

Dépression : Risques… et bénéfices.

La dépression est une affection relativement courante. C’est la maladie mentale la plus répandue. On estime en effet à l’heure actuelle que 40% des personnes vivants dans les pays industrialisés ont eu, ont, ou auront une dépression dans leur vie.

Quant aux risques, ils sont nombreux. La dépression est la maladie psychique la plus mortelle puisqu’elle est impliquée dans une majorité de cas de suicide et de tentatives de suicides. Elle peut engendrer également des maladies cardio-vasculaire et aggraver d’autres maladies somatiques. Elle engendre également des dégâts dans la vie sociale des personnes qui la contractent : perte d’emplois, rupture amoureuse, rupture avec la famille…

Mais on peut également saisir la dépression comme une expérience bénéfique. Bien qu’elle soit très douloureuse, elle peut déboucher dans le meilleur des cas sur une transformation intérieure et un meilleur équilibre psychique, sur une conscience nouvelle, plus ouverte, sur un rapport à soi-même plus juste. Elle peut être le passage obligé pour réaménager une problématique de personnalité.

Le syndrome d’épuisement professionnel ou le « burn-out ».

Un syndrome bien identifié mais non-reconnu…

Ce syndrome bien qu’il fasse l’objet de nombreuses études à travers le monde depuis plus de trente ans, d’une définition de plus en plus précise, n’est pas répertorié dans les répertoires officiels de maladies mentales et autres souffrances psychiques (DSM V, CIM XI). Entre autres, l’une des raisons de sa non-reconnaissance officielle est le flou quand à sa catégorisation nosographique. En effet ses symptômes sont très proches de ceux d’une dépression. On peut confondre les deux d’ailleurs.

Burn-out : les signes

Les signes sont variés et multiples. Il affecte autant le corps que l’esprit.

On reconnait un syndrome d’épuisement professionnel à un certain nombre d’éléments dont entre autres :

  • – Une fatigue très forte persistante, des insomnies et des douleurs généralisées
  • – Un désinvestissement massif de l’activité professionnelle, accompagnée d’un certain cynisme à l’égard du travail
  • – Un sentiment d’impasse personnelle mêlé de frustration
  • – Une perte d’estime de soi combinée à un sentiment d’incompétence et de dévalorisation
  • – Une anxiété et un stress important
  • – Dépersonnalisation, perte de la sensation d’être soi
  • – La colère, l’irritation, est l’affect prédominant, lié à une difficulté à tolérer la tension et le stress

Burn-out : le piège

Un burn-out peut survenir dans le cadre d’un harcèlement au travail, mais ce n’est pas systématique. Il survient généralement chez des personnes motivées et même très motivées qui à la base aiment leur travail, leur métier. C’est sur ce terrain que se construit une sorte de cercle vicieux. La personne, en se sur-investissant dans son travail va « brûler » toute son énergie à travailler, jusqu’à en perdre le goût. Et plus elle va s’épuiser et plus elle va vouloir donner son maximum pour montrer qu’elle tient, qu’elle vaut quelque chose (pour elle-même et pour le regard social, plus que pour sa hiérarchie en tant que telle…), jusqu’à l’effondrement. Le syndrome d’épuisement professionnel se pose comme un piège. Cela suppose que pour cette personne le travail est un aspect central de sa vie, qu’au de là des ressources économiques qu’il lui procure et de l’intégration sociale de la personne, son travail revêt une importance essentielle pour elle, pour son identité, son bien-être, sa personnalité. Mais ce faisant elle s’épuise jusqu’au dégout, jusqu’à ce qu’elle se vide, de ses pensées, de ses émotions, de sa motivation… Et c’est parce que le travail est essentiel pour elle qu’elle est dans l’incapacité à prendre de la distance avec son travail. Un parallèle peut être fait avec les comportements d’addiction. Le travail ici se substitue à une substance addictive. La personne a besoin de ça pour tenir psychiquement. Mais alors, si c’en est ainsi pour elle, c’est que le travail, est plus qu’un travail : il vient compenser une demande psychique et affective plus profonde, un besoin d’estime, de reconnaissance et d’amour qui mettent potentiellement en danger la personne.

Lors d’un burn-out la personne est brûlée. Elle se consume physiquement et psychiquement. Il a été montré que les personne en burn-out ont un surcroit de cortisol. « La machine surchauffe ». Cet afflux massif de sucre au cerveau déséquilibre toutes les autres structures et affecte les émotions et leurs gestions et toute les autres capacités cognitives (mémoire, attention, etc…). Elle éprouve de plus en plus de mal à effectuer des tâches habituelles, du mal à gérer les relations à son travail qui deviennent de plus en plus conflictuelles. Son jugement et sa créativité s’émoussent. Il y a une perte de qualité dans la production qui construit un cercle vicieux dans la mesure où cela vient renforcer le sentiment d’incompétence, la baisse d’estime de soi…

Le burn-out peut aboutir à des conduites à risques, à de l’absentéisme, à de l’addiction (alcoolodépendance, tabagisme, prises de stupéfiants…) et mener dans les cas graves la personne à des actes suicidaires.

Au travail et au de là…

Certaines professions sont plus impacté que d’autres :

  • Les professions de santé,
  • Les professions intellectuelles et artistique,
  • Les professions où il y a un objectif imposé à accomplir (commerciales, etc…),
  • Les professions de l’enseignement
  • Les professions où il y a un contact social récurrent.
  • Les professions qui demandent une forte implications personnelle et subjective et où sévissent des règles managériales souvent concurrentielles qui incitent fortement à l’implication personnelle des employés.
  • Enfin les professions dans lesquelles les opérateurs sont dans une situation ambiguë et contradictoire et où ils doivent faire face à des injonctions paradoxales, où ils doivent répondre à des demandes fortes de la part de leur hiérarchie en dépit des moyens pour les réaliser.

Il est à noter que la problématique de burn-out peut ne pas se cantonner au seul espace professionnel et peut également survenir suite à des problématiques personnelles en lien avec une activité professionelle. Des travaux domestiques important (construire ou refaire sa maison) qui durent, des démarches pour avoir un enfant et pour l’élever, des soins à des proches malades, une activité bénévole, parmi d’autres… toutes ces activités qui impliquent fortement une personne sur un très long terme et qui suppose un travail intense et parfois sans repos peut conduire une personne en burn-out. 

Stress, anxiété, dépression, burn-out : quelques conseils pour faire face…

Si vous vous sentez concerné par un ou plusieurs des points qui ont été décrit jusqu’ici, alors je vous conseille grandement de recourir à l’aide d’un praticien pour vous aider à vous en sortir. Vous ne pourrez pas vous en sortir sans l’aide d’un professionnel compétent. D’autre part il est important de souligner que l’absence de prise en charge et de soin augmente le risque de récidive et l’aggravation des troubles.

Dans l’attente d’une prise en charge thérapeutique, plusieurs mesures pour vous aider à surmonter votre problème peuvent être mises en place selon la gravité du trouble :

  • Rendez visite à vos amis ou renforcez votre vie sociale
  • Parlez de vos ressenties à des personnes de confiances
  • Ayez une alimentation saine
  • Evitez le tabac, l’alcool, le café, le thé et les excitants.
  • Faites une activité physique en proportion raisonnable et de façon régulière
  • Faîtes des promenades (marche ou vélo…)
  • Dormez beaucoup, si vous le pouvez ( des traitements phytothérapeutiques d’appoint peuvent vous y aider…)
  • Dans la mesure du possible changer votre cadre de vie (refaire son appartement, le réaménager, faire le ménage, voir déménager …)
  • Buvez beaucoup d’eau et éliminez
  • Ayez une activité manuelle créative et récréative (activité artistique, cuisine, bricolage…)
  • Lisez.
  • Divertissez vous (théâtre, jeux de société, jeux de rôles, sorties…)
  • Eviter les émotions fortes, l’inactivité totale, l’agitation inutile
  • Eviter les responsabilités et les situations de choix ou de prise de décision
  • Soyez constant dans les actions que vous mettez en place

Ces quelques conseils dans la mesure du possible peuvent vous aider transitoirement, mais ils ne remplaceront jamais l’aide et la compétence d’un psychologue diplômé.

Dans tous les cas, ne restez pas seul face à vos difficultés.

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